HADOPI... Après la grippe porcine, c'est certainement ce dont on entend le plus parler dans les médias ces dernières semaines, les journaux relayant presque amoureusement la nouvelle depuis un certain temps. Mais HADOPI, kézako ?
Et bien, HADOPI, c'est tout d'abord un abus de langage qui a circulé d'une manière virale, à la manière de la grippe, dans tout le pays, est passé dans toutes les bouches en provoquant toutes les gingivites possibles !
Car, la loi en elle-même se trouve être appelée tout simplement "Loi Création et Internet". Ou LCI, oui, comme le chaîne info de TF1. HADOPI serait plus le moyen de cette fin, grosse comme une maison s'il en est... Et quand cet abus de langage est également illustré d'une faute dans le sigle, on sourit gentiment, tout en s'inquiétant d'une telle négligence. L'HADOPI, c'est la Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des Droits sur Internet. Et là, c'est le drame ! En effet, lorsque l'on porte notre attention sur tous les mots, on s'aperçoit bel et bien que le mot "Droit" se retrouve avalé, englouti par ses confrères.
Qu'en est-il donc de ce projet de loi, aujourd'hui, soit une semaine et TROIS jours après que ler Sénat l'ait voté à 189 voix pour contre et seulement 14 voix contre. Et bien le conseil constitutionnel semble s'être réveillé - enfin - et s'insurge en dénonçant les quelques onze points de cette loi qu'ils ont relevés comme étant contraire à la constitution.
Alors certes, onze points ça peut paraître dérisoire, mais c'est déjà de trop quand, en démocratie, on voit un gouvernement qui essaie de faire passer cette loi entre deux meetings Rolex-Caviar avec les Américains, et trois culs de babouins à peu de choses près. Et qu'en est-il de ce brusque relèvement de tête, deux jours après cette décision du conseil ? Niet, nada, peau d'zob ! Et cela semblerait assez normal, quand, a posteriori, on s'aperçoit qu'à la moindre occasion, on s'oublie en prétextant de quelconques dates de fin de dépôt de candidature pour de futures élections européennes. Lesquelles verront certainement un chiffre de participation français proche de la bulle, le pays de la gastronomie n'étant pas réputé pour aller voter en masse quand il n'a rien contre quoi se mécontenter... Qui a dit "2002 et 2005" ?
En revanche, HADOPI est de partout. Et les lettres ouvertes fusent en tout sens sur la toile, chacun y allant de son petit commentaire "pour/contre", frisant légèrement la démagogie afin d'attirer la populasse jusqu'à se faire lécher les pieds. Si l'on pense à un maître dans cette discipline de haut vol, on ne peut s'empêcher de tordre du nez en pensant à l'économiste français et ANCIEN CONSEILLER de François Mitterand ; Jacques Attali. L'homme à la plume un peu plus acérée qu'une lame de rasoir rouillée s'attaque à ce projet de loi très controversé sur son blog de l'express. Et lorsque l'on lit ledit article, on comprend aisément comment cet homme est parvenu à atteindre de tels sommets, à embrasser une telle carrière politique. L'art et la manière, voilà la clé ! Son plaidoyer est détaillé en 10 points assez précis allant bien entendu à l'encontre de cette pomme pleine de vers qu'est HADOPI. Mais ses arguments ont beau être prêt à défendre l'utilisateur consommateur de ses services multimédias, on ne peut s'empêcher de constater que ses propos manquent d'une base solide et bien ancrée. Une fois n'est pas coutume, on aime bien critiquer, on aime moins proposer. On sait à quoi s'en tenir. L'idée globale étant que l'internaute est dans son droit en bénéficiant de la gratuité du contenu et qu'il est du devoir des créateurs de ce contenu de se préoccuper des moyens à mettre en oeuvre pour être rémunérés. J'imagine bien un système où Gérard Depardieu irait se payer l'album de Calogero avec l'argent que Guillaume Musso lui aurait donné en allant voir son dernier film.
Mais il y a UNE chose sur laquelle tout le monde tombe d'accord : c'est le côté KGB-esque de la mise en marche de ce système. D'ailleurs pour le moins coûteuse et assez anti-civique puisqu'elle nécessiterait une sorte de surveillance constante de la part des Fournisseurs d'Accès Internet. Et les punitions, présentées tout d'abord comme des sanctions graduelles, ne seraient rien de moins qu'une privation du droit à la culture et au partage. Non, je n'y vais pas fort, mais lorsque l'on interdit l'accès à Internet d'un Papa qui aurait téléchargé une fois dans sa vie un épisode de Dora L'exploratrice pour sa fille de 5 ans, ne m'en veuillez pas d'être un peu trop prompt à juger, tout comme le ferait le gouvernement s'il parvenait à mettre en place son système. D'autant que, rappelons-le, le suspect devra se défendre lui-même, afin de prouver face à un juge qu'il n'est pas coupable des faits dont il est incriminé. A croire que l'on nous prend tous pour des surmenteurs en puissance, capables de surmonter la colère de ces Roi Lich préprogrammés qui arriveraient presque à nous faire regretter nos couches avec leurs robes noires trop grandes pour eux.
Et pour finir, un petit détail pas si insignifiant que ça, et en plus, cité dans la législation - et tenez-le vous pour dit, c'est un bon moyen d'envoyer un bon gros headshot si jamais des mails vous étaient envoyés ! - c'est que le téléchargement n'est pas interdit à partir du moment où vous possédez, ou avez possédé l'oeuvre en question. Puisque de ce fait, vous avez payé les ayants-droits de cette oeuvre. Bon, dans le cas où vous ne l'auriez plus, pensez quand même à garder la preuve d'achat. Mais soyons sérieux, ils ne sont pas prêts de se déplacer pour vérifier que vous l'avez. Merci qui ?
Que l'on se concentre déjà sur les crimes humains avant de s'arrêter au fait que des millions se perdent pour ne pas finir dans les poches de gens qui en ont DÉJÀ un agréable petit paquet de côté.

A quand un nouvel article? ;)
RépondreSupprimerBisous p'tit R ! x)